11 octobre 2026Goodness Care9 min de lecture

Syndrome de l’intestin irritable : symptômes, déclencheurs, diagnostic et jeûne du ramadan

Le syndrome de l’intestin irritable (SII), souvent appelé « côlon irritable », est une maladie fréquente de l’appareil digestif. Le Service national de santé britannique (NHS) décrit des symptômes comme des crampes abdominales, des ballonnements, de la diarrhée et de la constipation, qui vont et viennent et peuvent durer des jours, des semaines ou des mois d’affilée. Il s’agit en général d’une maladie qui dure toute la vie, et elle peut beaucoup peser sur le quotidien.

L’Association britannique des diététiciens (BDA) estime qu’elle touche environ un adulte sur cinq. Aux États-Unis, l’Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales (NIDDK) cite des études selon lesquelles environ 12 % de la population en serait atteinte. Les femmes ont jusqu’à deux fois plus de risques que les hommes de développer un SII, et il est plus fréquent avant 50 ans.

Voici ce qu’est le SII, comment il est diagnostiqué, quels sont ses déclencheurs fréquents et à quoi penser si vous prévoyez de jeûner pendant le ramadan.

Qu’est-ce que le syndrome de l’intestin irritable ?

Le NIDDK décrit le SII comme un ensemble de symptômes qui surviennent ensemble : des douleurs abdominales répétées et des modifications du transit, avec de la diarrhée, de la constipation ou les deux. Avec un SII, l’appareil digestif ne présente aucun signe visible de lésion ou de maladie.

Les médecins le classent aujourd’hui parmi les troubles de l’interaction entre le cerveau et l’intestin. Un dérèglement de la façon dont le cerveau et l’intestin fonctionnent ensemble peut rendre l’intestin plus sensible et modifier la façon dont ses muscles se contractent. Un intestin plus sensible peut signifier plus de douleurs et de ballonnements ; les changements de contraction entraînent diarrhée, constipation ou les deux. Le NIDDK ajoute que certaines personnes atteintes ressentent une douleur avec une quantité normale de gaz ou de selles dans l’intestin.

La cause exacte est inconnue. Selon le NHS, le SII a été associé à un passage trop rapide ou trop lent des aliments dans l’intestin, à une gastro-entérite antérieure, à une hypersensibilité de l’intestin, au stress et à des antécédents familiaux. Le SII peut être douloureux, mais le NIDDK précise qu’il n’entraîne pas d’autres problèmes de santé et n’abîme pas l’appareil digestif.

Les médecins décrivent trois types, selon la modification dominante du transit : le SII avec constipation, le SII avec diarrhée et le SII mixte.

Quels sont les symptômes ?

Selon le NHS, les principaux symptômes sont :

  • des douleurs ou des crampes abdominales, en général plus fortes après avoir mangé et soulagées après être allé à la selle ;
  • des ballonnements : le ventre peut sembler désagréablement plein et gonflé ;
  • de la diarrhée : des selles liquides, parfois avec un besoin soudain d’aller aux toilettes ;
  • de la constipation : des efforts pour aller à la selle et l’impression de ne pas pouvoir vider complètement l’intestin.

Le SII peut aussi provoquer des gaz, des glaires dans les selles, de la fatigue et un manque d’entrain, des nausées, des douleurs dans le dos, des troubles urinaires et des douleurs pelviennes. Certains jours, les symptômes sont plus légers, d’autres ils s’aggravent. Le NIDDK note que les femmes atteintes ont souvent plus de symptômes pendant leurs règles.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Il n’existe pas d’examen qui détecte le SII lui-même, explique le NHS, mais certains examens peuvent être nécessaires pour écarter d’autres causes. Votre médecin vous demandera quels sont vos symptômes, s’ils vont et viennent, à quelle fréquence et à quel moment ils apparaissent (par exemple après certains aliments), et depuis quand vous les avez. Il pourra aussi palper votre ventre à la recherche d’une grosseur ou d’un gonflement.

Le NIDDK décrit ce que recherchent les médecins : une douleur abdominale au moins une fois par semaine au cours des 3 derniers mois, associée à au moins deux des éléments suivants :

  • la douleur est liée aux selles, et s’améliore ou s’aggrave après ;
  • la fréquence des selles change ;
  • l’aspect des selles change.

Pour écarter d’autres maladies, le médecin peut prescrire, selon le NHS, une prise de sang pour rechercher par exemple une maladie cœliaque, et une analyse de selles pour rechercher une infection ou une maladie inflammatoire de l’intestin. Selon les symptômes, le NIDDK cite d’autres examens possibles, comme le test respiratoire à l’hydrogène, qui recherche des difficultés à digérer certains glucides, dont l’intolérance au lactose.

La BDA souligne qu’il est important de faire confirmer le diagnostic de SII et d’écarter les autres maladies.

Qu’est-ce qui peut déclencher les symptômes ?

Les poussées peuvent survenir sans raison évidente. Mais, selon le NHS, elles ont parfois un déclencheur, comme :

  • l’alcool ;
  • la caféine ;
  • certains aliments, comme les plats épicés ou gras ;
  • le stress et l’anxiété ;
  • la prise répétée d’antibiotiques.

Le NHS et la BDA proposent quelques habitudes qui peuvent aider :

  • Prenez vos repas à heures régulières, sans les retarder ni les sauter.
  • Mangez lentement, détendez-vous pendant le repas et mâchez bien.
  • Limitez les aliments riches, gras, frits et transformés.
  • Ne dépassez pas 3 portions de fruits frais par jour (une portion fait 80 g).
  • Ne dépassez pas 3 tasses de thé, de café ou d’autres boissons caféinées par jour, et modérez l’alcool et les boissons gazeuses.
  • Buvez suffisamment, surtout de l’eau ou d’autres boissons sans caféine.
  • Trouvez des moyens de vous détendre, et faites régulièrement de l’exercice.

Si les ballonnements et les gaz vous gênent, la BDA suggère de limiter les aliments qui produisent des gaz, comme les haricots et les légumineuses, les choux de Bruxelles et le chou-fleur, ainsi que les pastilles et chewing-gums sans sucre ; notre article sur les gaz et les ballonnements explique pourquoi. Le NHS conseille aussi d’éviter les produits contenant un édulcorant appelé sorbitol. Le NIDDK note que certaines personnes atteintes de SII ont plus de symptômes après avoir mangé du gluten, sans avoir de maladie cœliaque, et qu’un médecin peut proposer d’essayer l’approche pauvre en FODMAP, souvent avec l’aide d’un diététicien.

À quoi sert un journal alimentaire ?

Le NHS suggère de noter ce que vous mangez et les symptômes que vous ressentez, pour essayer d’éviter ce qui déclenche votre SII. La BDA ajoute deux conseils : ne changez qu’une chose à la fois, pour voir ce qui a aidé, et commencez par des changements simples, car de grands changements ne sont pas toujours nécessaires.

Si les symptômes persistent, la BDA suggère de demander à votre médecin de vous orienter vers un diététicien, qui veillera à ce que votre alimentation reste équilibrée. Votre médecin, votre pharmacien ou un diététicien peut vous conseiller sur les solutions possibles. Ne supprimez pas de nombreux aliments de votre propre chef : le NHS conseille de consulter si vous devez éviter beaucoup d’aliments différents pour contrôler vos symptômes.

Peut-on jeûner pendant le ramadan avec un SII ?

Parlez-en à votre médecin avant de jeûner si vous avez un SII ou une autre maladie. La BDA conseille de discuter de l’avis médical avec l’équipe qui vous suit avant le début du ramadan. Elle résume les recommandations de l’Association médicale islamique britannique, qui classe le SII stable parmi les maladies digestives présentant un risque faible à modéré pendant le jeûne.

Le jeûne modifie le rythme habituel des repas, alors que les conseils généraux de la BDA sur le SII prévoient 3 repas réguliers par jour et pas de repas tard le soir. C’est une raison de plus pour vous organiser à l’avance avec votre médecin ou un diététicien. Avec leurs conseils, ces repères pratiques, tirés des recommandations de la BDA pour le ramadan et de ses conseils sur le SII, peuvent aider :

  • Rompez le jeûne en douceur. Beaucoup commencent l’iftar par des dattes et un verre d’eau. Plutôt qu’un seul gros repas, la BDA suggère de répartir l’iftar en deux ou trois repas plus petits ; ses conseils sur le SII notent que des repas plus petits peuvent atténuer les symptômes.
  • Mangez lentement, en restant attentif à votre sensation de satiété.
  • Répartissez vos boissons. Partagez-les équitablement entre l’iftar et le suhoor : boire beaucoup d’un coup peut rassasier et couper l’appétit.
  • Anticipez pour la caféine. La BDA suggère de réduire la caféine dans la semaine qui précède le ramadan, ce qui peut aider à limiter les maux de tête des premiers jours de jeûne.
  • Modérez les fritures et les aliments gras et salés. La BDA suggère de griller ou de cuire au four plutôt que de frire, et de limiter le sel et les produits transformés, qui peuvent donner plus soif.
  • Gardez des fibres, mais connaissez vos déclencheurs. La BDA note que les fibres des fruits, des légumes et des céréales complètes diminuent le risque de constipation. Si les légumineuses ou certains légumes vous ballonnent, votre journal alimentaire peut le montrer.
  • Continuez votre journal. Les horaires et les choix alimentaires changent pendant le ramadan : notez ce qui vous convient.

Si vos symptômes s’aggravent pendant le ramadan, ou si vous remarquez l’un des signes d’alerte ci-dessous, contactez votre médecin.

Quand consulter un médecin ?

Le NHS conseille de consulter un médecin si :

  • vous pensez avoir un SII et vous avez des symptômes depuis plus de 4 semaines ;
  • les changements d’alimentation, et les solutions proposées par un pharmacien, ne vous aident pas ;
  • vous devez éviter beaucoup d’aliments différents pour contrôler vos symptômes.

La BDA conseille de consulter si vous pensez avoir un SII et que vous avez aussi :

  • une perte de poids que vous ne pouvez pas expliquer ;
  • un saignement par l’anus ;
  • des antécédents familiaux de cancer de l’intestin ou de l’ovaire ;
  • des selles plus molles ou plus fréquentes depuis plus de 6 semaines, si vous avez plus de 60 ans.

Demandez un avis médical en urgence, le jour même, conseille le NHS, si :

  • vous avez perdu beaucoup de poids sans raison ;
  • vous saignez par l’anus ou avez une diarrhée sanglante ;
  • vous trouvez une grosseur dure ou un gonflement dans le ventre ;
  • vous êtes essoufflé, vous sentez votre cœur battre fort (palpitations) et votre peau est plus pâle que d’habitude.

Sources

  1. NHS, Service national de santé britannique. What is IBS (irritable bowel syndrome)
  2. NHS, Service national de santé britannique. Symptoms of IBS (irritable bowel syndrome)
  3. NHS, Service national de santé britannique. Getting diagnosed with IBS (irritable bowel syndrome)
  4. NHS, Service national de santé britannique. Diet, lifestyle and medicines for IBS (irritable bowel syndrome)
  5. NIDDK, Instituts nationaux de la santé des États-Unis. Definition & Facts for Irritable Bowel Syndrome
  6. NIDDK, Instituts nationaux de la santé des États-Unis. Symptoms & Causes of Irritable Bowel Syndrome
  7. NIDDK, Instituts nationaux de la santé des États-Unis. Diagnosis of Irritable Bowel Syndrome
  8. NIDDK, Instituts nationaux de la santé des États-Unis. Eating, Diet, & Nutrition for Irritable Bowel Syndrome
  9. BDA, Association britannique des diététiciens. Irritable bowel syndrome (IBS) and diet
  10. BDA, Association britannique des diététiciens. Ramadan and diet
  11. BDA, Association britannique des diététiciens. Supporting colleagues and patients in Ramadan

Articles connexes